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L’UEN adresse ses félicitations aux Sámis à l’occasion de leur Fête nationale

Publié 7 février 2013 Mis à jour 8 février 2013

La Fête nationale des Sámis, ou Sámi Álbmotbeaivi (fête du peuple sámi), a été célébrée le 6 février dernier dans tout le Pays des peuples autochtones Sámis, couvrant à la fois la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. Cette date commémore la première réunion des Sámis, tenue en 1917 à Trondheim, en Norvège.

L’Union of Education Norway (UEN), affilié de l’IE, a rendu hommage à la Fête nationale des Sámis, en rappelant que, cette année, elle marque le 20e anniversaire de la première célébration de cet événement en 1993.

Lors de la Nordic Sami Convention en 1986, le mouvement sámi a adopté les symboles emblématiques d’une nation - une fête nationale, un drapeau et un hymne national. Il s’agissait d’une avancée majeure pour le peuple Sámi, composé de 70.000 à 100.000 individus en Europe du Nord.

Défendre les principes fondamentaux

A l’instar de nombreux peuples autochtones, les Sámis ont souffert d’un passé essentiellement marqué par la domination et la discrimination, fondées en grande partie sur leur langue, leur culture et leur patrimoine foncier.

Si la situation s’est considérablement améliorée de nos jours, elle est toutefois loin d’être idéale. Le peuple Sámi est encore victime de discriminations en Norvège, en Suède, en Finlande et en Russie, et lutte pour que ses droits soient entérinés par les législateurs.

Depuis 1960, les Sámis ont fortement renforcé leur présence à l’échelle internationale et sont devenus un pôle d’influence majeur pour l’élaboration des politiques en faveur des peuples autochtones et le respect des droits humains. Ils entretiennent des relations étroites avec d’autres groupes autochtones à tous les niveaux des organisations nationales et internationales. Ainsi, Ole Henrik Magga, un enseignant sámi de Norvège, fut élu premier Président de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones (2002). C’est la raison pour laquelle les Mayas d’Amérique centrale, les Inuits du Groenland, les Aborigènes d’Australie, les Pygmées du Congo, ainsi que tous les autres peuples autochtones à travers le monde, sont représentés par un Sámi de Norvège.

Nous subissons les mêmes mécanismes...

« Certains affirment que nous, les Scandinaves, devrions nous abstenir d’agir puisque notre situation est bien meilleure que celle des autres peuples autochtones », a déclaré Ole Hendrik Magga.

« Certes, nous ne risquons pas d’être tués, mais, nous aussi, nous subissons les mêmes mécanismes, quel que soit notre niveau de vie. Et il est ridicule d’affirmer que nous n’avons pas à nous plaindre vu le niveau de vie élevé dont nous jouissons », a-t-il ajouté, avant de conclure : « C’est comme si on déclarait un jour que nos syndicats n’ont pas à lutter pour des augmentations salariales puisque les travailleurs et les travailleuses d’Amérique centrale ne gagnent que 1% du salaire que nous percevons ! »

Préoccupations majeures

Les Sámis luttent pour la reconnaissance de leur culture, de leur langue, de leurs droits, y compris leurs droits fonciers.  Leurs droits et leur situation varient considérablement en fonction du pays où ils résident.

Leur langue est actuellement utilisée dans les écoles locales et un Parlement sámi a été créé en Norvège. Les Sámis organisent également des campagnes afin d’être les premiers à pouvoir jouir du droit de propriété sur les ressources naturelles dans leur région.

Selon la conclusion du rapport du Rapporteur spécial sur la situation des droits humains et des libertés fondamentales des peuples autochtones, James Anaya (janvier 2011), sur la situation du peuple Sámi dans les régions où il réside en Norvège, en Suède et en Finlande, celui-ci n’est pas confronté aux problèmes socio-économiques qui touchent fréquemment les peuples autochtones à travers le monde, tels que les conditions de santé déplorables, la pauvreté extrême ou la faim.

En particulier, les gouvernements de Norvège, de Suède et de Finlande manifestent chacun un intérêt relativement marqué pour les questions autochtones, du moins en comparaison d’autres pays. Il n’empêche qu’il reste un long chemin à parcourir si l’on souhaite que le peuple Sámi puisse un jour se voir accorder le droit à l’auto-détermination et celui de disposer des ressources naturelles qui lui appartiennent.

Aujourd’hui, le drapeau des Sámis flotte haut dans le ciel et leur hymne national est partout entonné en dialecte régional. Dans certaines régions, les festivités durent plus d’une semaine et plusieurs activités sont organisées, telles que des concerts de musiciens sámis, des conférences, des marchés en plein air, des expositions d’art et des compétitions sportives. Ces événements offrent l’occasion aux Sámis de se rencontrer et de présenter aux autres leur culture et leur histoire.

Les syndicats jouent un rôle fondamental

Les syndicats de l’éducation jouent un rôle important dans la réalisation de l’Education pour tous (EPT) pour les peuples autochtones.

L’IE a créé un Comité pour traiter les questions autochtones, dont le programme de travail consiste notamment à évaluer la mise en œuvre des objectifs de l’EPT pour les peuples autochtones, à préparer la Conférence mondiale sur les peuples autochtones (2014) et à examiner les Objectifs du Millénaire pour le développement au-delà de 2015 pour les peuples autochtones.

L’Union Education Norway (UEN), représenté au Comité de l’IE sur les questions autochtones a soutenu le processus en faveur de politiques publiques pour l’éducation des peuples autochtones, soutenu par le Bureau de l’IE Amérique latine au Costa Rica. En 2011, le Bureau régional a publié une recherche intitulée « Education multiculturelle et multilingue en Amérique latine - Mexique, Guatemala, Colombie, Brésil, Equateur ».

Documents :

Résolutions du Congrès mondial de l’IE sur l’éducation des peuples autochtones :