Ei-iE

Ukraine : les syndicats de l’éducation, les autorités nationales et locales et les organisations internationales se mobilisent pour garantir l’accès à l’éducation pour tou·te·s les élèves réfugié·e·s

Publié 10 mai 2022 Mis à jour 7 juin 2022

Les syndicats de l’éducation d’Ukraine et d’autres pays européens, le ministère ukrainien de l’Éducation et des Sciences, les autorités locales des pays voisins et les organisations internationales se sont réunis à Varsovie les 3 et 4 mai pour intensifier leur collaboration afin de garantir la poursuite de l’éducation pour tou·te·s les élèves réfugié·e·s ukrainien·ne·s.

Depuis le début de la guerre, le 24 février, près de 6 millions de personnes ont fui le pays. L’UNICEF estime que la moitié des réfugié·e·s sont des enfants.

« La solidarité manifestée à l’égard des personnes fuyant la guerre en Ukraine est absolument remarquable. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour la maintenir aussi longtemps que nécessaire. Les syndicats de l’éducation œuvrent sans relâche aux côtés de toutes les parties prenantes pour faire en sorte que chaque élève déplacé par la guerre en Ukraine ait accès à une éducation de qualité pendant son séjour à l’étranger, et que chaque enseignant réfugié reçoive le soutien dont il a besoin pour traverser cette crise », a expliqué David Edwards, secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation.

Organisé par l’Internationale de l’Éducation en collaboration avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le syndicat hôte Zwiazek Nauczycielstwa Polskiego (ZNP), membre de l’Internationale de l’Éducation en Pologne, l’événement a réuni un large éventail de parties prenantes en Ukraine et dans les pays accueillant des réfugié·e·s ukrainien·ne·s. Il avait pour objet d’amorcer un dialogue politique sur les meilleurs moyens de répondre aux besoins éducatifs des élèves ukrainien·ne·s.

La réunion a été ouverte par David Edwards (secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation), Andreas Schleicher (directeur de la Direction de l’éducation et des compétences et Conseiller spécial auprès du secrétaire général de l’OCDE), et Larry Flanagan (président de la région européenne de l’Internationale de l’Éducation, le Comité syndical européen de l’éducation).

Qu’il s’agisse d’accueillir des réfugié·e·s dans les locaux syndicaux, d’organiser des dons ou de faire du bénévolat aux postes frontières et dans les centres d’accueil, les syndicats de l’éducation et leurs membres ont fait preuve d’une grande solidarité avec les personnes qui fuient la guerre.

Identifier les défis et les besoins

Au cours de la première partie de l’événement, des intervenant·e·s d’Ukraine et des pays limitrophes qui actuellement accueillent un grand nombre de réfugié·e·s ukrainien·ne·s ont pris la parole.

Lors d’une intervention en ligne, Andriy Vitrenko, premier vice-ministre ukrainien de l’Éducation et des Sciences, a fourni aux participants une mise à jour de la situation de l’éducation en Ukraine, soulignant que plus de 100 établissements d’enseignement, soit 10 à 15 % de tous les établissements d’enseignement du pays, ont été détruits, et que de nombreux autres ont été gravement endommagés.

Le premier vice-ministre a également évoqué les ressources en ligne que le gouvernement ukrainien met à disposition pour soutenir l’éducation des élèves réfugié·e·s, qui comprennent notamment des cours en ligne et des manuels scolaires en ukrainien. Olha Chabaniuk, vice-présidente du Trade Union of Education and Science Workers of Ukraine (Syndicat des travailleur·euse·s de l’éducation et des sciences d’Ukraine), organisation membre de l’Internationale de l’Éducation dans le pays, a évoqué l’impact de la guerre sur l’éducation et la profession enseignante. La dirigeante syndicale a souligné que les femmes représentent un large pourcentage du corps enseignant en Ukraine et que, par conséquent, un nombre important de professionnel·le·s de ce secteur ont désormais fui la guerre pour se réfugier dans les pays voisins.

Des informations sur les besoins des élèves ukrainien·ne·s réfugié·e·s et les défis auxquels sont confrontés les communautés d’accueil ont également été fournies par les syndicats de l’éducation des pays limitrophes de l’Ukraine qui ont accueilli des millions de réfugié·e·s depuis le 24 février. Les participant·e·s ont entendu des représentant·e·s des organisations membres de l’Internationale de l’Éducation, ZNP et KSN NSZZ « Solidarnosc » (Pologne), OZPSAV (Slovaquie), PSZ-SEH et PDSZ (Hongrie), et « Alma Mater » NTUF (Roumanie).

Qu’il s’agisse d’accueillir des réfugié·e·s dans les locaux syndicaux, d’organiser des dons ou de faire du bénévolat aux postes frontières et dans les centres d’accueil, les syndicats de l’éducation et leurs membres ont fait preuve d’une grande solidarité avec les personnes qui fuient la guerre.

Des représentant·e·s des pouvoirs publics locaux ont également pris la parole pour faire état de la situation dans leurs juridictions et des mesures mises en place pour soutenir l’accès des réfugié·e·s à l’éducation. Depuis la Pologne, Wojciech Bakun, maire de Przemyśl, et Andrzej Suchenek, du département de l’éducation de la ville de Varsovie, ont évoqué le soutien offert aux réfugié·e·s ukrainien·ne·s dans leurs villes et les besoins à satisfaire de toute urgence. Dans son intervention, Katarína Kremser, membre de ZMOS, une association de municipalités slovaques, a évoqué la situation des réfugié·e·s en Slovaquie, en soulignant notamment les domaines qui nécessitent une attention immédiate. Les intervenant·e·s ont tou·te·s souligné la nécessité d’accroître le financement des écoles qui accueillent désormais des milliers d’élèves supplémentaires nécessitant une aide adaptée.

Enseignements tirés des précédentes crises de réfugié·e·s

Les participant·e·s ont également entendu les syndicats de l’éducation, les collectivités locales et les organisations internationales partager les meilleures pratiques des précédentes crises de réfugié·e·s en Europe et au-delà.

Le GEW, organisation membre de l’Internationale de l’Éducation en Allemagne, et Silvana Safouane du ministère de l’Enseignement général et professionnel à Hambourg ont partagé les leçons de la crise des réfugié·e·s syrien·ne·s de 2015, soulignant que les mesures mises en place depuis 2015 pour inclure les élèves réfugié·e·s ont contribué à accélérer la réponse à la crise actuelle.

Le Comité syndical européen de l’éducation, l’organisation régionale européenne de l’Internationale de l’Éducation, a présenté les résultats de son projet « Partenaires sociaux sectoriels européens dans l’éducation – Promouvoir une intégration efficace des migrant·e·s et des réfugié·e·s dans l’éducation », qui a examiné les réponses éducatives à la crise des réfugié·e·s de 2015 en Espagne, en Serbie et en Belgique.

Des informations et des enseignements complémentaires sur le soutien aux élèves et aux enseignant·e·s réfugié·e·s ont été partagés par les organisations internationales présentes lors de l’événement : OCDE, Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Institut international de planification de l'Éducation de l’UNESCO et SIRIUS, le réseau politique sur l’éducation des migrant·e·s.

« Les syndicats de l’éducation œuvrent sans relâche aux côtés de toutes les parties prenantes pour faire en sorte que chaque élève déplacé par la guerre en Ukraine ait accès à une éducation de qualité pendant son séjour à l’étranger, et que chaque enseignant réfugié reçoive le soutien dont il a besoin pour traverser cette crise. »

David Edwards, secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation

Aller de l’avant pour garantir l’accès à une éducation de qualité pour tou·te·s les élèves réfugié·e·s

Les participant·e·s ont discuté des solutions possibles aux défis actuels et ont réaffirmé leur engagement envers tou·te·s les élèves et enseignant·e·s réfugié·e·s. Les organisations membres de l’Internationale de l’Éducation continueront à coordonner et à travailler par-delà les frontières pour que tou·te·s les élèves réfugié·e·s aient accès à une éducation de qualité et que tous les enseignant·e·s réfugié·e·s soient soutenu·e·s tout au long de cette crise.