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Compétences syndicales et action radicale requises dans le cadre du changement climatique

Publié 23 mars 2009 Mis à jour 23 mars 2009

La Terre est confrontée à un réel risque de changement climatique violent au cours des 10 à 30 prochaines années, dont les conséquences seront si désastreuses qu’il est absolument nécessaire que la communauté internationale mette dès à présent en place une action concertée et radicale.

Jonathan Neale, syndicaliste de longue date et secrétaire international de la Campagne contre les changements climatiques menée au Royaume-Uni, a déclaré aux délégués lors de la réunion annuelle de l’IE pour les affiliés des pays de l’OCDE que le mouvement syndical international était bien positionné pour contribuer de manière significative à la lutte pour la sauvegarde de la planète.

« Dans le cadre du mouvement pour l’environnement, nous avons fait tout ce que nous pouvions en termes de lobbying, de publicité et d’action individuelle. Nous avons désormais besoin des compétences dans lesquelles les syndicats excellent », a déclaré Jonathan Neale. « Nous devons compter sur les traditions de nos syndicats qui ont été consacrées par l’usage : mobilisation et organisation, pour rechercher des solutions collectives publiques. Une action gouvernementale est requise à très grande échelle, parce que nous ne pouvons nous y atteler individuellement au moment où ne devons faire face à ce problème. »

S’attaquer à la question du changement climatique via les structures syndicales peut contribuer à faire adhérer davantage de jeunes à un mouvement du monde du travail plus fort et revitalisé. Jonathan Neale recommande une mobilisation des jeunes, des écologistes, des groupes de croyance et autres sous forme de vastes coalitions avec les syndicats.

Il considère qu’existe un soutien public plus important afin de mener l’action radicale requise, car les individus du monde entier comprennent aujourd’hui la science de base et ont conscience de la réalité du changement climatique. « Les gens n’en connaissent peut-être pas les détails – et à vrai dire ceux-ci sont si effrayants que la plupart ne souhaitent pas y penser », a-t-il déclaré. « Mais la grande différence aujourd’hui, c’est que le public ainsi que les élites du secteur de l’entreprise et les leaders mondiaux comprennent et acceptent les mises en garde des scientifiques. »

Selon Jonathan Neale, les stratégies visant à contrecarrer les effets du changement climatique peuvent jouer un rôle important dans le cadre d’initiatives plus vastes dirigées contre la crise économique mondiale. « Entreprendre quelque chose contre le réchauffement climatique est une manière de faire sortir le monde de la crise financière », a-t-il déclaré, s’en référant à la période précédant la seconde guerre mondiale, alors que les puissances alliées avaient totalement transformé leurs économies afin de remporter le conflit. « Le coût s’est révélé énorme, mais il a engendré un grand nombre d’emplois et sorti le monde de la Grande Dépression. »

Il convient de s’attaquer aux inégalités massives que l’on retrouve sur l’ensemble de la planète en matière d’émissions de gaz à effet de serre, de manière à ce que les pays en développement puissent s’industrialiser, mais sans que ce processus n’engendre une pollution similaire à celle qui avait accompagné l’industrialisation européenne du XIXè siècle. « Nous devons œuvrer pour une homogénéité des émissions, » a déclaré Jonathan Neale, notant que la moyenne annuelle des émissions de gaz à effet de serre était d’environ 1 tonne par personne en Inde, 10 tonnes par personne en Grande-Bretagne, et 20 tonnes par personne aux Etats-Unis.

Il est assez aisé de parvenir à une nette réduction des émissions si tous les gouvernements s’engagent à adopter la technologie la plus avancée, à développer à très grande échelle les sources d’énergie éolienne, solaire, et autres énergies renouvelables.

« Les solutions au changement climatique doivent être apportées au niveau mondial », a déclaré Jonathan Neale. « Nous devons mettre en place de vastes programmes d’investissement en matière d’emplois verts — dans les fermes éoliennes, l’énergie solaire, les transports publics, l’isolation des habitations et de nombreuses autres initiatives à travers le monde. Nous pouvons y parvenir ! »

Prendre des mesures contre le changement climatique : Mesures pratiques pour les syndicats de l’éducation

1. Mobiliser : Encourager les collègues et autres personnes à prendre part aux réunions, manifestations et campagnes. Persuader votre syndicat de faire figurer le changement climatique en bonne place sur l’ordre du jour, puis défiler sur ce thème dans les rues sous les couleurs de votre syndicat. 2. Négocier :Œuvrer pour que les représentants en matière d’environnement soient reconnus avec le même statut et les mêmes droits statutaires que les représentants syndicaux ou les représentants du domaine de la santé et la sécurité. Négocier avec la direction au sujet des économies d’énergie réalisables sur votre lieu de travail. Selon Jonathan Neale, « un activiste pour le climat à l’échelle mondiale est un défenseur de l’énergie au niveau local ». 3. Enseigner : Apprendre à vos étudiants l’importance de la citoyenneté mondiale et de l’engagement démocratique. Aider à forger une nouvelle génération capable de comprendre la science. Dans le domaine de l’enseignement supérieur, Jonathan Neale a déclaré qu’il était important pour les climatologues de revendiquer un plus grand contrôle de l’ordre du jour scientifique car ce sont à l’heure actuelle les gouvernements qui décident des questions à poser et définissent ainsi l’ordre du jour en la matière.

Par Nancy Knickerbocker

Cet article a été publié dans Mondes de l'Éducation, No. 29, mars 2009.