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Le groupement Global Unions prépare l'avenir

Publié 27 janvier 2006 Mis à jour 27 janvier 2006

La conférence annuelle des Fédérations syndicales internationales (FSI) s'est tenue à Bruxelles ces 10 et 11 janvier. Les Secrétaires généraux des 10 FSI, représentant plusieurs millions de travailleurs des principaux secteurs de l'économie mondiale, ont discuté des nombreux problèmes auxquels le mouvement syndical mondial se retrouve confronté. Le Secrétaire général de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et celui de la Commission syndicale consultative auprès de l'Organisation de coopération et de développement économique (CSC-OCDE), ainsi que le Directeur du Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV) ont également participé aux débats des Secrétaires généraux des FSI. Le Secrétaire général de l'Internationale de l'Éducation, Fred van Leeuwen, préside actuellement la Conférence des Fédérations syndicales internationales. L'IE a investi un temps considérable et a déployé maints efforts pour parvenir à de nouveaux accords afin que le mouvement syndical puisse évoluer au 21ème siècle.

DES SYNDICATS UNIS, PRÊTS POUR LE CHANGEMENT !

Alors que la CISL et la Confédération mondiale du travail (CMT) s'apprêtent à créer une nouvelle Confédération syndicale mondiale, le slogan de l'IE au moment de sa création, en 1993, Enseignants unis, prêts pour le changement, s'applique à merveille, 14 ans plus tard, à la situation actuelle.

Les 12 Secrétaires généraux des Fédérations syndicales internationales ont accepté de présenter à leur Bureau exécutif respectif une proposition de création d'un Conseil des Global Unions. Ce Conseil constituera un "partenariat pour croître et agir". Lorsqu'une majorité des organes de direction des organisations aura ratifié cette proposition, le nouveau Conseil débutera ses activités en janvier 2007. Il mettra en place "un instrument de solidarité, de mobilisation, de sensibilisation et de campagne. Il s'étend au-delà d'un engagement commun pour les idéaux et les principes du mouvement syndical. Il se base sur une détermination commune d'organiser, de défendre les droits humains et les normes du travail dans le monde entier et de promouvoir la croissance des syndicats au bénéfice de tous les travailleurs et travailleuses et de leurs familles." Il sera "établi sur les relations historiques qui existent entre les Fédérations syndicales internationales et la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et entre les Fédérations internationales professionnelles et la Confédération mondiale du travail (CMT)." En outre, "chaque Fédération continuera d'être une organisation indépendante et autonome, libre d'établir sa politique au sujet de tous les points que ses instances de direction jugeront pertinents."

Campagnes mondiales

La Conférence a entériné la poursuite de la Campagne "Action mondiale contre la pauvreté" dont le but est de faire pression sur les gouvernements pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement. L'Action mondiale contre la pauvreté insiste sur l'allègement de la dette des pays les plus pauvres, sur une aide plus importante et de meilleure qualité et sur un commerce équitable. La campagne mondiale visant à obtenir l’interdiction mondiale de l’amiante, menée par la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) sera intensifiée. Une nouvelle campagne sera lancée sur le travail en sous-traitance et les agences de sous-traitance. Cette campagne a été proposée par la Fédération internationale des travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et porte sur un sujet qui touche de façon croissante tous les secteurs, y compris celui de l'éducation

Faire pression sur les institutions financières

Le Secrétaire général de la CSC et le Directeur du Bureau de liaison des Global Unions auprès des institutions financières à Washington ont présenté à la Conférence les actions entreprises auprès de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Des problèmes importants peuvent être combattus au sein de ces institutions. Citons juste un exemple : la Société financière internationale (SFI), l'institution du groupe de la Banque mondiale qui s'occupe des investissements dans le secteur privé, va adopter de nouvelles règles exigeant des sociétés, au moment d'accepter des prêts de la part de la SFI, qu'elles reconnaissent les droits syndicaux.

L'organisation mondiale du commerce (OMC) et l'Organisation internationale du travail (OIT)

À l'OMC, après la Conférence de Hong Kong de décembre, la lutte continue pour parvenir à insérer l'agenda du travail décent au sein des accords commerciaux. Jo Walgrave, la nouvelle Directrice du Département du dialogue social et des activités sectorielles de l'OIT, s'est exprimée au cours de la Conférence. Elle a eu un échange franc avec l'assemblée au sujet de la nécessité pour l'Organisation d'intensifier son travail là où il importe le plus, au sein des activités sectorielles aux niveaux national et régional.

Responsabilité sociale des entreprises

Le groupement Global Unions est un membre actif du Pacte mondial et de l'Initiative mondiale sur les rapports de performance des Nations Unies, dont les objectifs sont de faire en sorte que les sociétés agissent de façon plus responsable vis-à-vis de thèmes divers comme le travail des enfants ou encore le respect des droits des femmes et des normes du travail. Il s'agit également de surveiller les Principes directeurs de l'OCDE relatifs à ces thèmes et de travailler conjointement à l'Organisation internationale de normalisation (ISO). La plupart des membres de Global Unions assistent également au Forum économique mondial qui se tient tous les ans à Davos de même qu'au Forum social mondial qui s'est tenu cette année à Bamako, à Caracas et à Karachi.

Activités communes et coopération

Les Global Unions travaillent ensemble à la reconstruction de la région dévastée par le tsunami de décembre 2004 et à la prévention contre le VIH/SIDA. Les responsables de la campagne et du site web se sont rencontrés en 2005 pour accroître leur coordination et ont présenté un rapport à la Conférence. Par ailleurs, l’Université ouvrière mondiale (GLU) et le réseau de recherche du groupement Global Union (GURN) encouragent une nouvelle génération de militants syndicaux à préparer l'avenir.

Retour au 19ème en Australie

Une figure légendaire du mouvement syndicat international, Bob Hawke, ancien premier ministre australien, s'est exprimé au cours de la Conférence sur la portée de la nouvelle législation en matière de relations professionnelles dans son pays. Bob Hawke, qui préside le Comité d'experts de l'IE, a décrit la façon dont le gouvernement actuel désirait faire un retour au 19ème siècle, époque où les employeurs étaient autorisés à imposer les pires conditions à leurs employés. "Ils prétendent que leur nouvelle législation est une question de choix", a-t-il déclaré. "Dans la pratique, elle implique que les employés n'ont plus aucun pouvoir de négociation et sonne le glas de la tradition australienne du "fair go" (traitement équitable) pour les travailleuses et les travailleurs", a-t-il encore souligné.

Chine

Les Secrétaires généraux ont eu un important échange de points de vue sur la situation en Chine. Sa remarquable croissance annuelle s'accompagne de pressions de plus en plus considérables sur les syndicats "officiels", contrôlés par le gouvernement. Étant donnée la taille même de la population chinoise et l'importance grandissante de la Chine sur l'économie mondiale, les Global Unions suivent de près l'évolution de ce pays.