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R.-U: le projet de loi sur l’éducation, nouvelle étape vers la privatisation des écoles pour les syndicats

Publié 10 juin 2015 Mis à jour 15 juin 2015

Les syndicats d'enseignants au Royaume-Uni ont critique vivement le projet de loi du Gouvernement dont l’objectif est de convertir 1.000 établissements scolaires soi-disant « en situation d’échec » en académies et de supprimer « des failles bureaucratiques et juridiques ».

NUT: une promesse irréaliste et irrationnelle

Christine Blower, Secrétaire générale du National Union of Teachers( NUT) affilié à l’Internationale de l’Education (IE) et Présidente de la région européenne de l’IE, a dénoncé ce projet comme représentant une autre forme de pression en faveur de l’ académisation des écoles, qui signifie leur privatisation en définitive, « avec une nouvelle intention de faire taire la critique, notamment les parents et les enseignantes et enseignants, ainsi que les femmes et hommes élus locaux et les communautés desservies par ces écoles ».

Elle a également déclaré que les propositions du projet constituent une « attaque brutale sur l’éducation publique polyvalente ( comprehensive education) et une nouvelle étape vers une privatisation totale des écoles ».

L’engagement de convertir jusqu’à 1.000 écoles est « aussi irrationnel qu’irréaliste », a-t-elle remarqué, sachant qu’il existe une pénurie de chefs d’établissement, l’intention d’en licencier davantage ne fera qu’aggraver la situation, a-t-elle ajouté.

Le Gouvernement justifie cette privatisation étendue et accélérée de notre système scolaire en prétendant qu’il est préoccupé par les niveaux de qualité, a-t-elle déclaré. Elle a expliqué cependant qu’il y a actuellement une pléthore de preuves qui démontrent que les académies n’ont aucune incidence sur les niveaux scolaires.

NASUWT: ce n’est pas la façon d’élever les niveaux scolaires

Chris Keates, Secrétaire générale de la National Association of Schoolmasters Union of Women Teachers (NASUWT), une autre organisation membre de l'IE, a également réitéré la position de Blower, en précisant: « S’assurer que les enfants et les jeunes ont droit au plus niveau d’éducation devrait figurer au cœur de tout projet de loi sur l’éducation. Cependant, il est clair que le Gouvernement est résolu à se servir ce projet de loi pour poursuivre son objectif obsessionnel sur les changements structuraux, bien que, de toute évidence, cela n’améliore pas les niveaux scolaires ».

En outre, elle a mis en évidence que ce projet de loi qui menace de licencier des chefs d’établissement ne contribuera pas à l’amélioration des niveaux mais il ne fera qu’empirer la crise du recrutement et de rétention des enseignant(e)s.

Elle a poursuivi en déclarant que l’un des éléments les plus inquiétants du projet de loi  est la disposition qui semble constituer une attaque directe sur le droit fondamental que possèdent les parents sur la liberté de choix concernant le type d’éducation qu’ils désirent pour leurs enfants: « Abuser du processus législatif pour tenter de faire taire la critique et d’étouffer l’opposition est un leitmotiv effrayant qui apparaît dans un trop grand nombre des projets de loi de ce Gouvernement et nous devrions toutes et tous être préoccupés lorsque les Gouvernements abusent de leur pouvoir pour attaquer les droits fondamentaux et les libertés ».