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Philippines: le syndicat de l’éducation condamne la violence politique continue à l’égard des enseignants

Publié 2 novembre 2011 Mis à jour 8 novembre 2011

L’Alliance of Concerned Teachers (ACT), l’un des affiliés de l’IE aux Philippines, a dénoncé des cas récents de meurtres d’enseignant(e)s et de syndicalistes.

L’ACT a informé l’IE du meurtre violent, le 12 octobre, du Vice-président de l’Université polytechnique des Philippines (PUP), le Procureur Augusto F. Cezar. Selon l’ACT, si le meurtre n’est pas rapidement élucidé, il démontrera aux établissements universitaires, mais également à l’ensemble de la profession enseignante, que l’impunité continue de prévaloir aux Philippines.

En demandant également justice pour l’assassinat d’un autre syndicaliste – le Père italien Fausto ‘Pops’ Tentorio, militant contre l’exploitation minière – la Secrétaire générale de l’ACT, France Castro, a déclaré: « Les enseignants sont extrêmement préoccupés par les persécutions et assassinats continus des personnes et des organisations luttant pour les droits de la population. Comment les enseignants peuvent-ils encourager les étudiants à défendre leurs propres droits ainsi que ceux de la population dans de telles conditions? »

L’ACT désapprouve, en outre, le fait que des milices et autres groupes paramilitaires soient mis en place avec l’approbation du gouvernement. Le syndicat d’enseignants ACT affirme que ces groupes sont responsables de nombreuses violations des droits humains et sont couramment utilisés comme armées privées par les clans politiques à l’échelle provinciale.

La Secrétaire générale adjointe de l’IE, Jan Eastman, a déclaré: « Le gouvernement doit garantir aux enseignants et aux étudiants un environnement sûr où ils puissent enseigner et apprendre. L’assassinat du Vice-président de l’Université polytechnique doit faire l’objet d’une enquête impartiale et les responsables doivent être traduits en justice. Une attaque contre le personnel enseignant constitue une violation des droits humains les plus fondamentaux des étudiants et des enseignants, à savoir le droit à la vie et le droit à l’éducation. Une attaque contre la structure éducative empêche les enfants de réaliser pleinement leur potentiel en tant qu’êtres humains et constitue, dès lors, une atteinte à la civilisation. »

Mme Eastman a évoqué la Déclaration de l’IE « Les établissements scolaires doivent être des havres de paix », qui appelle à la protection de l’éducation, afin qu’elle ne soit pas prise pour cible, ni utilisée à des fins militaires.

La Déclaration indique, en outre, que « Les enseignants et enseignantes, leurs syndicats, les gouvernements et la communauté internationale veilleront à ce que l’ensemble des établissements scolaires promeuvent les valeurs de la tolérance, de la compréhension, de la résolution des conflits, et du respect de la diversité culturelle et religieuse, tant par l’intermédiaire des programmes scolaires que par une gestion équitable, inclusive et transparente, et ce, en vertu des Recommandations de l’UNESCO sur la condition du personnel enseignant. »

L’IE présente ses condoléances aux familles et aux collègues des victimes et lance un appel aux autorités philippines pour qu’elles veillent à ce que les étudiants, les enseignant(e)s, les établissements scolaires et les universités soient protégés et que l’éducation devienne un agent de la paix.

Pour consulter la Déclaration de l’IE dans son intégralité, veuillez cliquer ici.