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Credit: photo Rahmatullah Alizadah / Xinhua / ISOPIX.be
Credit: photo Rahmatullah Alizadah / Xinhua / ISOPIX.be

Afghanistan : alors que le régime Taliban met en péril l’éducation, la paix et les droits humains, l’Internationale de l’Éducation et ses organisations membres intensifient leurs actions

Publié 25 mai 2022 Mis à jour 21 juin 2022

L’Internationale de l’Éducation lancera ATRO, pour A fghanistan Teachers’ Rights Observatory, en septembre 2022. Cet observatoire des droits des enseignant·e·s afghan·e·s est la dernière en date d’une série d’actions fortes démontrant la solidarité de la communauté éducative mondiale, avec les éducateur·trice·s et le peuple afghans confrontés à de graves difficultés sous le règne des Talibans.

ATRO, un outil de suivi et de plaidoyer

En avril 2022, l’Internationale de l’Éducation et le National Teacher Elected Council (NTEC) ont convenu de la création d’ATRO, qui a pour but de :

  • Surveiller, documenter, évaluer et rendre compte de la situation sur le terrain en Afghanistan, notamment : le paiement ou le non-paiement des salaires et les conditions de travail des enseignant·e·s ; les violations des droits humains, du travail et syndicaux avec un accent particulier sur l’équité entre les genres ; l’accès des filles à l’éducation ; les restrictions imposées aux enseignantes, y compris sur les vêtements qu’elles peuvent porter et où elles sont autorisées à enseigner ; la sécurité et le bien-être psycho-social des enseignantes ; et le suivi du programme en vue de satisfaire aux normes relatives aux ODD (inclusivité et approche fondée sur les données factuelles).
  • Valoriser, soutenir et renforcer les capacités du NTEC.
  • Faire entendre la voix des enseignant·e·s afghan·e·s à travers le recueil et la diffusion des histoires et des témoignages des enseignant·e·s en partenariat avec le NTEC.
  • Exploiter les informations factuelles recueillies aux fins de plaidoyer à l’échelle nationale et internationale.

Les résultats escomptés de l’ATRO sont les suivants :

  • Plaidoyer accru en faveur des droits des enseignant·e·s et étudiant·e·s (en particulier des filles), des droits du travail et humains à l’échelle nationale et internationale
  • Influence, visibilité et statut accrus du NTEC à l’échelle du pays et augmentation du nombre de membres du syndicat issus de l’ensemble du personnel de l’enseignement
  • Publication d’un rapport de suivi semestriel
  • Production et diffusion de bulletins bimestriels
  • Création d’une base de données ventilées sur les violations des droits, y compris sur : les droits à l’éducation : accès, équité entre les genres, pédagogie et programme ; les droits humains avec un accent particulier sur l’équité entre les genres ; et les droits du travail.

L’opérationnalisation et la mise en œuvre à l’échelle nationale relèveront du NTEC.

Mouvement de solidarité internationale en faveur des éducateur·trice·s et syndicalistes afghan·e·s

ATRO fait suite à d’autres initiatives de l’Internationale de l’Éducation et ses affiliés qui ont renforcé leur aide aux éducateur·trice·s et syndicalistes afghan·e·s à la suite du retour au pouvoir des Talibans.

Le 2 mai, l’Internationale de l’Éducation et deux de ses affiliés français, le Syndicat général de l'Éducation nationale-CFDT Travail (SGEN-CFDT) et la Fédération de la Formation et de l'Enseignement privés-CFDT (FEP-CFDT), ont assisté à la Conférence syndicale internationale sur les droits humains en Afghanistan organisée par la Confédération syndicale internationale (CSI) et trois confédérations syndicales françaises, la Confédération française et démocratique du Travail (CFDT), la Confédération générale du Travail (CGT) et Force Ouvrière (FO).

L’Internationale de l’Éducation a pris la mesure de la situation catastrophique de la démocratie et de l’éducation sous le règne des Talibans. Elle a également réitéré son engagement et solidarité avec les syndicalistes afghan·e·s qui, malgré leur exil en France, se battent toujours pour un meilleur avenir pour leur pays.

L’Internationale de l’Éducation s’est également félicitée de l’intense travail conjoint déjà réalisé avec la CSI sur le dossier de l’Afghanistan, et a salué le travail formidable effectué depuis des mois par les confédérations françaises auprès du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour exfiltrer les militant·e·s syndicaux·ales et leurs proches.

Appel d’action urgente de l’Internationale de l’ Éducation

Le 14 décembre 2021, l’Internationale de l’Éducation avait déjà lancé un appel d’action urgente au sujet de la situation critique prévalant en Afghanistan » et fait appel à la solidarité des affiliés dans le but de :

  1. Soutenir nos affiliés afghans confrontés à de graves difficultés ;
  2. Soutenir les efforts de secours et de réinstallation des militant·e·s syndicaux·les enseignant·e·s affilié·e·s à nos organisations membres qui font l’objet de menaces et de ; et
  3. Faire pression sur leurs gouvernements afin de soutenir les efforts de réinstallation et de garantir l’intégration de l’éducation et des droits des femmes et des filles dans l’aide humanitaire.

L’Internationale de l’Éducation a par ailleurs remarqué que « les Talibans qui ont pris le pouvoir il y a quelques mois sont en train de réduire à néant des décennies de progrès en matière de droits humains et de droits à l’éducation. Ils ciblent les écoles et les institutions éducatives afin de faire obstacle à l’éducation des filles et de supprimer la participation des femmes. De 1996 à 2001, ils ont ainsi interdit aux filles et aux femmes d’exercer presque tous les métiers et les ont privées du droit de vote et de l’accès à l’éducation. […] Malgré les assurances récentes données par les Talibans, les organisations membres de l’Internationale de l’Éducation en Afghanistan font état d’une détérioration de la situation des enseignantes et des étudiant·e·s et en particulier des filles ».

« Les écoles ne devraient jamais être la cible du terrorisme ou de la violence »

Le Bureau exécutif de l’Internationale de l’Éducation a également adopté, le 2 décembre 2021, une résolution réaffirmant notamment que « les écoles ne devraient jamais être la cible du terrorisme ou de la violence» et « l’éducation est un droit humain fondamental et l’adhésion à la Déclaration universelle des droits de l’Homme est essentielle à la promotion de sociétés inclusives, non discriminatoires et pacifiques ».