Ei-iE

Une étude confirme la menace que les EDU-businesses font peser sur l'enseignement public de qualité.

Publié 29 juin 2015 Mis à jour 2 juillet 2015

Le récent ouvrage de deux chercheurs réputés, Carolina Junemann et Stephen J. Ball, constitue une lecture absolument indispensable pour tous ceux/toutes celles préoccupé(e)s par le droit de chaque enfant à bénéficier d'un enseignement public gratuit et de qualité.

Partout dans le monde, des préoccupations croissantes se font jour au sujet du développement toujours plus important de la commercialisation et de la privatisation de l'éducation et dans l'éducation. Ces processus sont mis en œuvre par des entreprises privées opérant à l'échelle mondiale et dont les activités sont non seulement autorisées, mais facilitées, et parfois même favorisées, par les gouvernements.

Lisez l’étude ici(en anglais)

Cette croissance rapide de ce qu'on appelle  l'EDU-business est motivée par le désir, de la part du capital mondial, d'accéder au marché de l'éducation, encore relativement inexploité, et qui pourrait représenter, selon les estimations, un montant oscillant entre quatre mille milliards et demi et cinq mille milliards de dollars par an. Ces multinationales de l'éducation ont identifié les opportunités de profit offertes par le marché de l'éducation, et en particulier l'importance de ce que représente la ressource des enfants et de l'éducation. Elles ont dès lors entrepris de chercher à influencer et à contrôler l'éducation, dans le but de satisfaire leurs motivations lucratives.

Le développement exponentiel des activités de ces grandes entreprises mondiales de l'EDU-business et l'influence grandissante qu'elles exercent sur la politique publique et la politique de l'éducation, en ne recherchent que leur intérêt commercial, remettent en question le droit de tous les étudiant(e)s à un enseignement gratuit de qualité. Ils créent ou aggravent les inégalités dans l'éducation, dégradent les conditions de travail et les droits des travailleurs/euses de l'éducation, et sapent les fondements du processus décisionnel démocratique et de la responsabilité publique en matière de gouvernance de l'éducation.

Le conglomérat éducatif Pearson figure parmi les sociétés les plus influentes qui sont actives sur ce marché mondial de l'éducation.

Dans leur dernière étude, Pearson and PALF: The Mutating Giant, les chercheurs Carolina Junmann et Stephen J. Ball révèlent comment Pearson, avec son Pearson Affordable Learning Fund(PALF),se différencie de la plupart des autres entreprises qui cherchent à obtenir des contrats publics. Grâce à un lobbying agressif, à des contributions financières à des campagnes électorales, ainsi qu'à une activité intense en matière de relations publiques, Pearson exerce dans de nombreux pays une influence considérable sur le processus de la décision politique et sur les décideurs/euses.

En décrivant ce qui pourrait être interprété comme la source de conflits d'intérêts potentiels, cette étude montre pourquoi la recherche du profit n'a pas sa place quand il s'agit de déterminer ce qui doit être enseigné et comment l'enseigner, ni comment il convient d'évaluer cet enseignement ou d'organiser les institutions scolaires.